Un peu d’histoire

Perchée à 732 mètres d’altitude notre commune, située au nord d’Annecy, tire son identité de sa configuration et de ses hommes.

Les premières traces de notre lieu de vie sont très lointaines, elles évoquent le passage, sur le territoire de la commune, d’une antique voie allant de BOUTAE (Annecy-les-Romains) à GENEVA (Genève). Dans l’Histoire des Communes Savoyardes de MARIOTTE, BRAND, CHALLAMEL et GUERRIER, le village est cité pour la première fois en 867 lors de la cession de domaines par l’empereur Lothaire à sa femme Thiètberge.

Mont-Saint-Martin qui est l’ancienne appellation de notre village a eu sa place sur la route de Saint-Jacques de Compostelle ; après avoir appartenu politiquement au Duché de Savoie, il a, plus près de nous, été une entité géographique du Genevois sous le nom de Saint-Martin-en-Genevois. Saint-Martin n’est devenu « Bellevue » que depuis 1921.

En 1995, est née l’idée de créer un blason qui retrace les grandes étapes du passé de Saint-Martin-Bellevue.

BREF HISTORIQUE

Le plus ancien état des bénéfices ecclésiastiques du diocèse de Genève qui nous soit parvenu, le  » pouillé  » de 1365, mentionne la paroisse du Mont de Saint-Martin avec un revenu de 28 Livres. En 1411, le compte-rendu de la visite épiscopale du 18 juillet fait état d’un revenu de 70 florins et d’une population répartie en 80 feux. Saint-Martin est déjà une paroisse importante incluant en annexe l’église de Charvonnex.

L’EGLISE

Cette église qui existait déjà en 1365, a été rénovée au 15è siècle. Elle subsistera ainsi jusqu’en 1825, époque durant laquelle elle sera restructurée pour donner l’église  » sarde  » actuelle.
Pour plus d’informations, il faut consulter la plaquette de Mr Louis BERTHERAT-PACCARD.

Cette église possède un retable baroque, actuellement en restauration.  » L’art baroque est né au XVIIè siècle en Italie. Il doit le jour à une aspiration purement religieuse, issue de la crise provoquée par la Réforme et de la crise intérieure de l’Église au XVIè siècle. Cette aspiration portait les esprits vers un renouveau de la vie religieuse, vers une pureté plus grande des mœurs et vers un approfondissement de la foi.
Cet art veut témoigner en faveur du dogme, instruire les fidèles et émouvoir les cœurs en entourant de magnificence les cérémonies liturgiques. Cet art abandonne les controverses avec les protestants ainsi que l’austérité pour se mettre au service de la contemplation radieuse. Il fait preuve d’une grande liberté d’esprit dans le choix des moyens techniques et dans la transposition des choses de la nature. Il fait preuve d’une attitude intérieure qui n’est que la sécurité dans la foi, la certitude de la vérité « . (Emile BERTHOUD)
Cet art veut nous faire  » lever les yeux vers le ciel « . En entrant dans une église baroque, c’est comme si on entrait dans le Royaume de Dieu. Cet art veut nous faire contempler la gloire de Dieu, et donc ce qui nous attend ! Rien ne sera trop beau pour cela ! D’où la présence de l’or à une époque où l’on était pauvre. Mais comme m’a dit un prêtre ami :  » Notre église, c’est notre salle à manger, notre salon « .

En entrant dans cette église, vous êtes invités à contempler une toute petite partie de ce qu’il y a dans le Ciel, près de Dieu :
– tout en haut, au-dessus des nuages, la Vierge Marie (cf. dogme de l’Assomption 1950)
– au centre saint Martin, évêque de Tours. C’est d’ailleurs très rare qu’il soit représenté en évêque.
– Urbain II avec sa tiare (couronne des papes), l’évangile et une épée.
– Saint Louis, roi de France.
– Plus bas, au centre, le tabernacle rappelant la présence discrète du Christ ressuscité avec sa gloire en forme de soleil.
– La présence des anges (enfants ailés) nous dit bien qu’on veut nous montrer le ciel.

Nous avons la chance de vivre en Savoie où il y a des églises baroques, allez à Argentières, les Houches, Saint-Gervais, Saint-Nicolas de Véroce, Saint-Nicolas la Chapelle. Faites les chemins du Baroque en Tarentaise. Vous serez  » au Ciel  » !

HOMMES CELEBRES

BIENHEUREUX URBAIN Il Pape (1042-1099)
Né à Châtillon-sur-Marne, dans la famille des comtes de Semur, Odon de Lagery se forma au monastère bénédictin de Reims, sous l’autorité de saint Bruno de Cologne, et y devint archidiacre. En 1070, il entra à Cluny et fut nommé prieur principal sous saint Hugues. Dix ans plus tard, il était nommé archevêque et créé cardinal d’Ostie.
Il fut élu pape, huit ans après, et prit le nom d’Urbain II. Il succédait à Victor III. Il hérita de lui et de son prédécesseur, saint Grégoire VII († 1085), de la lutte contre l’empereur Henri IV et l’antipape Clément, qui finit cependant par se retirer en Lombardie. Comme Victor III, il poursuivit les réformes de saint Grégoire. Il appela saint Bruno auprès de lui comme conseiller. Enfin, avec le synode de Clermont de 1095, il donna son approbation à la première croisade, à laquelle appelait l’empereur byzantin Alexis Ier Comnène. Celui-ci réclamait de l’aide contre les Maures qui occupaient la Terre sainte. Urbain Il mourut en 1099 avant que les croisés ne conquièrent Jérusalem. Béatifié, sa fête est le 29 juillet. Notre retable le montre avec une épée. Cependant, lorsqu’il était venu en France prêcher la croisade à Clermont, il a présidé aussi le concile de Tours en 1096, et là, il a renouvelé aux clercs l’interdiction de porter les armes, car l’Église ne veut pas que ses ministres se comportent comme des guerriers.

SAINT LOUIS (1214-1270)
Roi de France à partir de 1226, fils de Louis VIII et de Blanche de Castille qui assure la régence jusqu’en 1234. Durant cette période, il achève les guerres des albigeois en signant le traité de Paris en 1229, puis il épouse Marguerite de Provence en 1234.
Il triomphe aux batailles de Saintes et de Taillebourg (1242), d’une ligue de seigneurs menée par le comte de la Marche et soutenue par Henri III. En 1259, le traité de Paris rétablit l’ordre dans le royaume, et octroie au roi de France la Normandie, l’Anjou, le Poitou et le Maine. Louis IX s’emploie à faire régner l’ordre et la justice dans son royaume et étend le pouvoir royal face aux violences féodales.
Chrétien d’une ardente piété, il mène les deux dernières croisades. Prisonnier à Mansourah (1250), bien que sa rançon soit payée, il restera quatre ans en Syrie. La 8è croisade est abrégée en raison de sa mort sous les murs de Tunis.
Le pape Boniface VIII le canonise dès 1297. Son règne marque l’apogée de la civilisation française du Moyen Age.

SAINT MARTIN
Sulpice Sévère (v. 360 – v.420) écrivit une  » vie de saint Martin  » en 397 en latin. C’est un petit chef d’œuvre qui eut très vite un grand succès. Ce livre a été écrit entre Toulouse et Narbonne à Primuliacum, carrefour d’hommes et d’idées. Il nous décrit la célébration et déjà le culte de Martin parmi ses disciples immédiats.
Dans cette œuvre, Martin est opposé à Hector et Socrate. Le saint succède au héros et au sage antiques. Cette œuvre littéraire est un pont entre la biographie antique et l’hagiographie médiévale. Martin y apparaît comme un homme qui parle très peu et qui agit sans cesse. C’est une défense contre les ennemis de Martin qui refusaient son ascétisme, ses confrères jaloux, des clercs hostiles à l’entrée des anciens militaires dans les ordres. C’est le plaidoyer d’un avocat converti à l’ascétisme et d’un orateur converti à la biographie édifiante. Lorsque Sulpice Sévère écrit, Martin est encore vivant.
L’influence de saint Martin a été décisive pour l’évangélisation de la partie de la France qui s’étend au sud de la Loire : Touraine, Poitou, Saintonge, Auvergne et Berry, et même pour l’évangélisation du Parisis. Sans doute la foi en Jésus Christ avait-elle cheminé le long des voies romaines depuis le temps de saint Irénée (fin du 1er siècle), mais le christianisme n’avait encore guère touché que les villes, quand Martin, le soldat hongrois converti, vint se mettre à l’école de saint Hilaire (339) et quand il fonda à Ligugé, près de Poitiers, le premier monastère de tout l’Occident (360). C’est Martin qui devait être l’apôtre des campagnes gallo-romaines. Avant d’être baptisé, il avait partagé son vêtement avec un pauvre à Amiens ; lorsqu’il fut devenu chrétien, il ne put rester insensible à la pauvreté essentielle des paysans à qui personne n’avait encore parlé du Christ. Ordonné évêque de Tours (372), il groupa à nouveau autour de lui des compagnons désireux de vivre en hommes de prière, mais il voulut faire de ses moines des missionnaires. Le monastère de Marmoutiers, aux portes de Tours, devint un véritable centre d’évangélisation. L’évêque payait d’ailleurs de sa personne, toujours en chemin pour annoncer l’Évangile, arrachant les arbres sacrés et brisant les idoles. Il mourut à Candes, non loin de Tours, en 397 et son culte se répandit dès le Vème siècle à travers la Gaule.

Reste une question au sujet du retable : pourquoi a -t-on choisi le bienheureux Urbain II et Saint Louis pour ce retable qui se trouvait dans l’église Notre Dame de Liesse à Annecy avant la conquête française en 1792 ? Quel lien avec les Croisades ?
Pour ma part, je pense que si Urbain II et saint Louis voulaient reconquérir Jérusalem, ceux qui ont fait ce retable voulaient peut-être nous rappeler que nous avons à « conquérir  » la Jérusalem céleste, en vivant l’amour des autres comme le fit saint Martin.

LES ARCHIVES
Les actes de catholicité (baptêmes, mariages, sépultures) remontent à 1706.