Les artistes de St Martin-Bellevue

(Les artistes qui souhaitent figurer dans cette page peuvent prendre contact avec la mairie)

 

RENCONTRE AVEC ....

Monsieur Yves MAIROT


Etre prophète en son pays... Ce n'est certainement pas le propos de M. Mairot, haut-savoyard discret résidant à Saint Martin-Bellevue, lorsqu'il fait don, à la commune, de trois de ses oeuvres. Avec chaleur et spontanéité, il permet à chacun d'entre nous de rencontrer une des nombreuses formes d'art : la peinture.

Pour les non-initiés que nous sommes, comment aborder la peinture de M. Mairot ?
Au-delà d'une disponibilité de l'esprit indispensable pour apprécier l'art, on aimerait, pour mieux le faire partager pouvoir le qualifier.

Peinture abstraite ? figurative ? non figurative ?

Le terme "abstraite" est d'emblée récusé par M. Mairot, car si nous parlons de peinture abstraite, nous la plaçons en dehors de toute réalité.

Or, l'œuvre de M. Mairot rapproche souvent les quatre éléments fondamentaux : la terre, l'air, l'eau et le feu, et sollicite les sens : la vue, bien sûr, mais aussi le toucher, l'odorat et même le goût par toutes les suggestions qu'elle peut susciter.
Ce terme n'est peut-être alors qu'une affaire d'angle de vue; en effet, si parfois le tableau porte un nom évocateur pour nous d'une réalité bien concrète : "Neige", "La dune", "La source" ou "Le pain de sucre", le peintre inscrit dans sa toile la réflexion, les expériences, la trace, la couleur évanescente qui permettent à chacun d'entre nous d'entrer dans le tableau, d'apprécier ce qu'il voit comme il le souhaite, d'y voir une réalité qu'il s'approprie et qui lui est personnelle.

Peinture sensuelle ?
Sa technique extraordinaire, diversifiée, qui lui fait utiliser des piments naturels et refuser le vernis au profit de l'huile de lin, par exemple, donne à certains tableaux un fini satiné, soyeux, qui évoque les textiles les plus luxueux.
Certaines fois la technique semble proche de celles des "sgrafitti" et crée des sortes de hiéroglyphes dans la matière.
D'autres fois, les recouvrements successifs, qui nécessitent des temps de séchage variables, peuvent adoucir une griffure de cette même matière.
Ainsi, très souvent le regard est conduit à une découverte par le toucher - ce qui a été longtemps refusé à l'homme moderne - et la tentation est alors grande de laisser errer sa main sur la toile en une caresse légère.
Dans tous les cas, nous pouvons remarquer que l'espace du tableau déborde largement le cadre de la toile et permet l'évasion sous toutes ses formes.

Les toiles de M. Mairot, visuelles, kinesthésiques, s'adressent donc à la sensibilité de celui qui observe par le fait qu'elles convoquent très souvent la métaphore.

Même si l'on peut simplement parler d'une peinture moderne, contemporaine, l'art de M. Mairot reste en dehors de toute étiquette. Il émane en effet d'un homme enthousiaste, passionné par la vie et les différents débats qu'elle occasionne, passionné par les sciences et les questions fondamentales. Il interroge parfois le temps géologique et nous fait à notre tour nous poser la question de notre place dans cette dimension-là sans que, pour autant, le la question soit pessimiste. Il est riche de réflexion, de méditation, et bien qu'empli de mouvement, il est le plus souvent lié à la matière et au silence.
Ainsi, la peinture de M. Mairot, acte esthétique bien sûr, permet d'aborder des aspects théoriques difficiles mais également de créer un lien, un échange, une expression - qu'elle qu'en soit la valeur librement exprimée - qui comble un peu le déficit de communication affective d'aujourd'hui.

Dans un style très personnel, l'espace pictural de M. Mairot allie la perception de la couleur, de la forme, à la lumière, à l'énergie qui émane d'un mouvement, d'un élément géologique, de la matière ou même des traces laissées par les particules célestes.

Ainsi, ce jour-là de décembre, alors que la brume étouffait les bruits, feutrait les alentours, M. Mairot nous a-t-il conduit vers l'exploration de contrées inconnues bien au-delà des apparences, vers d'autres rivages "... là où tout n'est qu'ordre et beauté / Luxe, calme et volupté"..., pour un dialogue sans cesse renouvelé.

Ces deux vers de L'Invitation au voyage de Charles Baudelaire font écho à la nôtre d'aller découvrir en Mairie "Le Sacre du printemps", "Vie brûlante" et "Alluvions célestes".

Bon voyage à chacun au pays de l'art.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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