Autres éléments du patrimoine

Les éléments religieux du patrimoine : les croix et les statues
le pont vieux au sortir du bois de Metz

Situées sur le territoire communal ou sur des terres privées, elles sont le témoin de la foi et des racines de la communauté.

Le territoire de la commune compte une statue et onze croix réparties de Mercier à Séchenal et du Chef-lieu aux Diacquenods, de Burgaz au Villaret et aux Chapalliers.

La statue présente dans l'un des hameaux de la commune, représente la Vierge portant l'enfant Jésus et a été érigée par une famille sur son propre terrain et réalisée par le sculpteur M. Constant Demaison de Choisy.

Les croix érigées entre 1787, pour la plus ancienne, et 1939-40, certaines restaurées en 1983 et 1985 sont connues sous des noms différents :
- elles peuvent porter le nom de la famille donatrice : La croix des Paccard, par exemple
- celui d'une famille désignant ainsi son lieu d'habitation : exemple, la croix de chez Richard
- celui du lieu-dit dans lequel elles sont implantées : La croix de chez Mouthon ou la croix des Chapalliers...
- elles peuvent être simplement désignées par la date de la mission au cours de laquelle elles ont été érigées : Croix de la Mission de 1868, croix de la Mission de 1879...
Une Mission consistait en un mois de réflexion et de prière organisé par le prêtre du village avec l'aide de religieux (Capucins, moines...) ou de l'Evêque. La croix réalisée grâce aux dons des fidèles, marquait la fin de cette Mission.
Les croix étaient souvent situées aux entrées et sorties du village ou des hameaux, elles ont été en Savoie, jusque dans les années 70, le but de la procession des Rogations. Selon un rite institué dès 469, les fidèles se rendaient en procession, chacun des trois jours qui précédent l'Ascension, vers l'une des croix du village ou des hameaux, demandant la protection des récoltes et la bénédiction de Dieu sur les fruits de la terre et les animaux.

Qu'elle soit en fer ouvragé ou non, en pierre, en bois et quelle que soit la valeur religieuse ou artistique qu'on peut lui attribuer, la croix s'inscrit dans le patrimoine de notre village et participe de son cachet. A chacun d'entre nous de savoir les conserver.

Le pont vieux au sortir des bois de Metz a fait peau neuve.
Pourquoi ?

Nous en avions tous entendu parler, et, pour chacun, il pouvait renvoyer à différents événements : tragique, comme celui des dernières années de guerre ; à l'évocation d'un temps renvoyant à la période sarde, aux voies impériales, et pourquoi pas aux voies romaines.

Cette dernière évocation nous a lancés dans une recherche intéressante, à la rencontre d'historiens locaux : Duis, Fenouillet et Charles Marteaux. Recherche qui, comme dans un jeu de piste, suscite encore des interrogations.

Nous vous livrons le résultat de quelques-unes de nos lectures.

Différents écrits attestent de la présence de voies romaines allant de Boutae (Annecy le Fins) à Genève pour une distance de XXV milles (selon l'itinéraire d'Antonin) suivant plusieurs tracés dont les deux suivants ont été attestés comme les tracés les plus plausibles :
- le premier, laissant Pringy à gauche, suivant la rive droite du fier, puis celle de la Fillière, montait à l'est de Groisy et par les Aires, Arbusigny, les Esserts, allait contourner le Salève par Etrembières, Veyrier et Carouge.
Ce tracé nous a permis de retrouver des noms de lieu ou de familles encore existants dans notre commune.
- L'autre, celui qui nous intéresse,passait par Pringy, franchissait les Usses près du pont de la Caille, montait comme aujourd'hui à Cruseilles et descendait à Genève par saint-Blaise, Beaumont, Neydens, Archamps, Landecy et Carouge.

Ce tracé, selon l'étude de Charles Marteaux, apparaît comme le plus authentique, et, en l'état de ses recherches en 1907, le plus admissible car il couvre exactement les XXV milles exigés. De plus M. Marteaux s'appuie sur des écrits de 1179 à 1418 qui relatent deux faits importants :
- 1300, signalement de la route de Faverges à Cruseilles
- 1418 Le Pape Martin V se rendant en Italie, passa par Cruseilles

C'est également le tracé qui aboutissait le plus directement au pont du ruisseau de Monthoux. Suivons donc son parcours et les explications de monsieur Charles Marteaux afin de voir comment cette voie s'oriente sur notre commune et passe dans un secteur voisin du pont actuellement restauré.

" Au sortir du bois du Barrioz, après avoir franchi le nant de Monthoux, la vieille route laissait à gauche dans une sorte de presqu'île au lieu-dit La Cour, les restes à peine visibles du château de Monthoux, enfouis sous un bois magnifique de fayards, et prenait sa direction vers le nord à 30 mètres de la route actuelle par la Grange Neuve et les caves ".
En 1907, M. Marteaux précise qu'elle y est encore visible sous les blés.
" Au premier hameau de Saint-Martin (Mons Sancti Martini), autrefois Bertherat, elle a été défoncée derrière la première auberge, car, en abattant un chêne de 200 ans environ, le propriétaire trouva à 0,40m un assemblage de gros pavés. "
" Elle continuait en abordant les petits torrents en aval pour regagner ensuite de la hauteur. C'est ainsi qu'après l'ancienne maison Goullier, elle passait derrière la fruiterie, en dessous du Pont Guillot, franchissait le nant des Labies, traversait ensuite en contrebas de la route, et par une pente rude, le deuxième hameau des Diacquenods, dit aussi des Bocquets, le coupant et, maintenant à droite, allait parallèlement sous le côteau du Chatelard. "
Monsieur Joseph Bocquet l'y retrouva, paraît-il à 0,50m en défaisant un poirier. Cette même personne aurait sorti de son champ des tuiles à rebord enfouies à une profondeur de 1 à 3 mètres et l'on peut penser que l'enfouissement de la voie peut osciller entre ces deux chiffres.
" A la rencontre d'un troisième ruisseau, elle redescendait vers l'ouest, revenait couper la route, montait au Villaret, passait sous Burgaz (où, rappelle encore M. Marteaux en 1907, elle jaunit encore le pré) et sous Villy-le-Pelloux, par la Croix Jaurens, La Planche et La Caille. "

Lorsqu'on regarde actuellement le réseau que forment à cet endroit les différentes voies, nous remarquons que le tracé n'a pas une amplitude de variation si importante, et que le petit pont à l'entrée sud de Saint-Martin, qui a permis à la voie impériale de franchir le nant, aurait bien pu avoir été bâti dans un secteur très proche de celui de la voie romaine.

Il sera toujours possible à chacun d'approfondir la recherche.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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